Rainbows End – Vernor Vinge

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Chronique initialement publiée le 7 juin 2011 sur mon ancien blog

Chers lecteurs,
Il y a quelques semaines de cela, j’ai abordé avec un grand enthousiasme Rainbows End, dernière oeuvre du grand Vernor Vinge parue à cette date en France (on attend avec impatience The Children of the Sky, qui paraîtra l’année prochaine et fera suite à la série Zone of Thought –Un feu sur l’abîme ; Au tréfonds du ciel-, ses chefs d’oeuvre du Space Opera).

Rainbows End, il faut le préciser, se situe plutôt dans la lignée de La Captive du temps perdu : l’intrigue prend place sur Terre, dans un futur sérieusement envisageable, et exploite les possibilités d’une technologie en particulier ; dans l’ouvrage précité, il s’agissait de la stase, ici, il s’agit de la réalité augmentée. On peut dire qu’il s’agit de livres concepts, exploitant jusqu’au maximum le potentiel de la technologie en question. D’où 456 pages d’un récit dense pour le format poche.

Dans un avenir pas si lointain, durant la première moitié du XXIè siècle, la réalité augmentée a pris le pas sur la réalité. Des millions de personnes sont en permanence connectées au réseau grâce à une technologie des plus sophistiquées, glissée dans des lentilles et des vêtements. Elles ont accès, d’un mouvement, à toute l’information disponible, peuvent communiquer en tchat fermé ou en messages privés et peuvent effectuer de véritables créations artistiques qui se superposent à la réalité. Des groupes dont les membres sont issus de toutes nationalités et ayant une ambition esthétique semblable se sont donc formés. Ainsi, si l’on se met sur le bon canal, on peut voir le paysage transformé façon Disque-Monde par exemple. La révolution est de taille.
Cependant, l’utilisation de cette technologie nécessite un lourd enseignement, qui va jusqu’à remplacer dans certaines écoles le cursus classique. Et certains sont plus doués que d’autres en la matière. Le mystérieux Lapin, par exemple, qui prête à son insu assistance à une organisation gouvernementale ayant découvert la cause d’une future Catastrophe Majeure.

Le lecteur suit plusieurs personnages, principalement Robert Gu, un poète de renom  et enseignant-chercheur tout juste guéri d’un Alzheimer. Ne s’étant jamais intéressé à l’informatique, il se retrouve dépassé, contraint de retourner étudier au lycée et de changer sa vision du  monde.

L’intrigue à proprement parler n’est pas le point fort de l’histoire et n’en a pas l’ambition. A travers elle et les différents personnages, il est surtout permis au lecteur d’appréhender au mieux une technologie excitante, un futur enthousiasmant ainsi que le mystère entourant Lapin. L’ombre de la Singularité, concept cher à l’auteur, plane également sur le récit (surtout quand on a lu la préface de Gérard Klein). L’attachement émotionnel du lecteur aux personnages et leur profondeur n’atteignent ainsi pas la force des space operas de Vernor Vinge (qui comportent, chacun, 500 bonnes pages supplémentaires – ça aide), cependant, le concept d’utiliser l’histoire pour explorer quelque chose de différent (technologie, race extraterrestre) est propre à l’auteur.

Rainbows End laisse le lecteur rêveur sur l’avenir du web et de la réalité augmentée. Cette oeuvre de hard science, d’une grande qualité,  explore ce chemin d’une telle façon qu’il semble être à notre portée. N’oublions d’ailleurs pas qu’elle a été publiée pour la première fois en anglais en 2006 et est donc antérieure à l’Iphone, à l’Ipad, à OnLive. Éviter le tout-dématérialisé nous semble désormais quasi-impossible (sauf gros crash de la technologie mondiale ou fin du monde) et la réalité augmentée, si elle est pour l’instant essentiellement employée dans un but utilitaire, a déjà fait ses premiers pas au sein du grand public via des applications smartphone, l’Upcode et la 3DS.

Vernor Vinge est un maître et un visionnaire, doté d’une plume de talent, d’un vaste imaginaire et de solides connaissances scientifiques. Et là où de nombreux auteurs explorent une vision alarmiste du futur, il nous offre, le temps d’une lecture, un avenir certes dangereux, certes effrayant, comme peut l’être le présent de n’importe quel être humain (et en cela il n’est pas utopique), mais également terriblement enthousiasmant, offrant à l’Art et à l’Humain des perspectives de développement inouïes.

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