Entretien avec Bénédicte Coudière : autrice et journaliste BD

Ann Radcliffe contre Dracula

 

Durant les Imaginales 2019, j’ai eu le plaisir de m’entretenir pour le webzine Culture Remains avec la très sympathique Bénédicte Coudière. À l’occasion des derniers jours du projet Ulule « La Ligue des Écrivaines Extraordinaires » je vous repartage cet interview ici !

 

Bénédicte Coudière est une jeune femme de talent et aux multiples casquettes : autrice dans les littératures de l’imaginaire, journaliste BD et jeux vidéo, game master pour escape rooms, diplômée en histoire de l’art…  J’ai pu m’entretenir avec elle le 25 mai dernier, durant le festival Les Imaginales 2019  au sujet de ses publications mais aussi de ses nombreuses passions ! Voici une transcription écrite de cet entretien.

Culture Remains : Bonjour Bénédicte ! Est-ce que tu peux me présenter tes activités en règle générale ?

Bénédicte Coudière : En règle générale, de façon synthétique, je fais beaucoup trop de trucs. Je suis journaliste spécialisée en bande dessinée, journaliste spécialisée en jeux vidéo, j’ai bossé comme maquettiste sur différents projets, sinon je suis game master aussi dans des escape rooms et j’écris, aussi bien de la fiction que de la non fiction !

Casquette autrice fiction

CR : D’accord ! Est-ce que tu peux me parler un peu de ton univers en tant qu’autrice ?

BC : En tant qu’autrice je suis dans tout ce qui est imaginaire : science-fiction, fantasy, fantastique, de façon très large parce que ce qui m’intéresse, c’est de toucher un peu à tout, d’explorer et essayer de voir le plus de choses possibles. J’ai mes préférences dans chaque domaine. En fantasy j’aime quand ça sort des codes de Tolkien, que j’adore, mais écrire sur des orcs, des nains et des grandes batailles, ça m’ennuie. En fantastique j’aime beaucoup Edgar Allan Poe, très proche du quotidien et « inquiétant », avec des petits détails qui se modifient au fur et à mesure du texte et en science-fiction j’avoue que c’est là où j’ai le moins de préférences et où je suis ouverte à tout parce qu’on peut faire tellement de choses….

CR : Comment définirais-tu ta fantasy ? De quels codes désires-tu sortir et de quelle façon ?

BC : Ce qui m’intéresse en fantasy et de façon globale dans l’écriture ce n’est pas tant l’univers que les personnages. Je préfère les fantasy cadrées sur un personnage. Je pense à Calame de Paul Beorn qui a eu le prix des bibliothécaires aux Imaginales par exemple. Comment fonctionne l’univers, peu importe, ce qui m’importe c’est l’histoire de ce personnage et comment il évolue dans ce monde-là. Si j’ai envie d’explorer le fonctionnement d’un monde, je préfère ouvrir un livre d’histoire.

CR : Tu es essentiellement novelliste dans le genre ?

BC : Novelliste en fantastique. Mais je n’écris pas de nouvelles en fantasy, pour une raison simple, c’est que je trouve l’exercice extrêmement difficile. Parce que comme je te le disais, j’aime beaucoup le fantastique à la Poe donc j’aime écrire ce genre de nouvelles de surnaturel quotidien. C’est facile à mettre en scène étant donné qu’il s’agit d’un quotidien qui va parler à tout le monde. Tout le monde est déjà allé au boulot, a pris le métro, et parfois il se passe des trucs chelous. Je trouve que la fantasy, même si l’on resserre ça à l’échelle humaine, reste difficile voire très difficile à faire en nouvelle et je ne suis jamais parvenue à être satisfaite de ce que je pouvais écrire dans le style. C’est pour ça que j’ai écrit un roman de fantasy, que j’ai fini samedi dernier !

CR : C’est un scoop !

BC : Oui je l’ai fini samedi dernier et je profite des Imaginales pour en discuter avec des gens et voir ce que je peux en faire.

CR : Pourrais-tu un peu nous le pitcher ?

BC : Oui, il faut être super indulgent car je suis nulle en pitch ! C’est vraiment centré sur les personnages, ça va être une épopée, une espèce de road trip à moitié sur la famille et à moitié sur la folie. Ce qui m’intéresse c’est la question du rapport au monde de mes personnages, qu’ils soient hommes, femmes ou autres. Un de mes personnages par exemple est autiste, un autre est une étrangère issue d’un continent lointain au sujet duquel les autorités du lieu où se déroule l’action maintiennent le mystère et elle est perçue par conséquent comme une folle dangereuse, un dernier personnage est un esclave qui a été sur une galère durant des années et n’a plus aucune individualité, ne se définit plus comme un humain mais comme un objet, un outil. Donc ce qui m’a intéressée, c’est de les lâcher dans ce monde et de voir comment ils se débrouillent ! Et comment le monde interagit avec eux aussi bien entendu parce qu’il y a vraiment ce rapport entre eux, leur point de vue sur le monde, et comment les autres vont réagir par rapport à leurs problèmes psychologiques.

CR : Et du coup tu as commencé en créant le monde ?

BC : Non, ce sont souvent les personnages qui arrivent en premier. J’ai des idées de personnages et à partir du moment où j’ai une idée de personnage le reste vient. Alors il m’en faut plusieurs pour faire un roman parce que je n’aime pas trop le principe de l’élu, et quitte à avoir un élu autant avoir le point de vue du mec qui suit en fait, je trouve ça beaucoup plus intéressant. Du coup j’ai généralement plusieurs idées de personnages et en fonction d’eux et de leurs spécificités ça va soit être de la fantasy, soit de la science-fiction, et après le monde se construit autour d’eux.

CR : D’accord donc tu as eu ces idées de personnages, le monde s’est construit et ensuite l’histoire t’est-elle venue au fil de la plume ou avais-tu un plan ?

BC : Alors moi je ne sais pas où je vais ! Je suis une jardinière.

George RR Martin

« J’ai toujours clamé haut et fort qu’il existe deux sortes d’auteurs. En simplifiant, il y a les architectes et les jardiniers. Les architectes créent des plans avant même d’enfoncer le premier clou, ils conçoivent toute la maison : l’emplacement des tuyaux et le nombre de chambres, la hauteur du toit. Ils ont tout prévu, contrairement aux jardiniers, lesquels estiment qu’il suffit de creuser un trou et semer la graine pour voir ce qui arrive. »

CR : Au moins cela donne une certaine cohérence dans le développement des personnages.

BC : Complètement ! Je les mets là et je regarde comment ils se débrouillent.

CR : Combien de temps as-tu passé à la rédaction de ce roman ?

BC : J’ai passé un an et demi à la rédaction de ce roman et six mois à la correction, mais avec des périodes de blocage, des périodes où je n’ai pas écrit, des périodes où mon emploi du temps ne me permettait pas d’écrire, etc. Donc ça fait deux ans que je travaille dessus mais pas à 100% parce que les aléas de la vie et parce que l’inspiration et parce qu’au bout d’un moment tu es tellement dans ton projet que tu te demandes si ce n’est pas pas de la merde et donc ça t’arrête, tout simplement.

Donc vraiment ça fait deux ans que je bosse dessus, que tout le monde en entend parler sans en voir la couleur mais pas deux ans en temps réel d’écriture. Personnellement j’ai toujours une phase où je finis par être découragée donc il y a une phase où t’as pas envie d’en entendre parler en fait. Déjà que t’as pas suffisamment de recul sur ton truc pour savoir si c’est bien ou pas, ensuite tu sais que t’as des corrections, et moi je déteste ça, personnellement, ça m’horripile, donc plus tu as de corrections plus tu te dis que c’est nul. C’est pas objectif mais voilà, on est sur la psyché humaine qui fait qu’au bout d’un moment ça tourne en boucle.

CR : Je pense que c’est un peu pareil pour plus ou moins tous les auteurs.

BC : Oui et puis tu as toujours le retour plus ou moins discret et taquin de ton petit syndrome de l’imposteur qui arrive « Bonjouuuur, c’est moiiii, comment tu vas depuis le temps ? Mais qu’est-ce que tu fous ? T’es sûr de toi ? Et ta légitimité, tu la justifies comment ? Ah, tu la justifies pas, bah ouais, voilà. »

CR : Et récemment, qu’est-ce qu’on a pu lire de toi ?

BC : Récemment, une nouvelle dans la nouvelle anthologie de Malpertuis, Malpertuis 10 qui est sortie pour le festival. Une nouvelle fantastique autour du tatouage.

malpertuis x thomas bauduret

CR : Et en science-fiction qu’as-tu pu faire récemment, ou un peu moins récemment d’ailleurs ?

BC : Chez Les Planètes Orphelines, anthologie Les Nouveaux Robots : Hommage à Asimov. Et le titre de ma nouvelle est Trop Humain. Cette nouvelle est parue suite à un appel à textes.

CR : Des parutions à venir ?

BC : Je vais faire partie de La Ligue des Ecrivaines Extraordinaires. Il s’agit d’une collection des Saisons de l’Étrange. Le roman est prévu pour début 2020, mais je peux déjà te montrer les couvertures :

la ligue des écrivaines extraordinaires les saisons de l'étrange

Je vais m’occuper d’Ann Radcliffe, qui va devoir affronter Dracula. L’idée est de mettre les écrivaines face à leur créature, à celles qui peuplent leurs écrits. Mary Shelley contre Frankenstein, Ann Radcliffe contre Dracula (l’autrice a été l’une des premières à inventer la figure du Vampire), etc.

Casquette autrice non fiction

CR : Tu as également sorti un livre mais qui n’est pas de la fiction.

BC : Mais qui parle de fiction !

CR : Peux-tu nous parler un peu de la naissance de ce projet ?

BC : Ça s’appelle La Truelle et le Phylactère, c’est un essai sur l’archéologie et la bande dessinée, sur la façon dont les deux domaines sont liés et s’influencent réciproquement. L’éditeur est FEDORA, une maison d’éditions bordelaise spécialisée dans l’archéologie, un peu pour le grand public mais surtout pour les universitaires. Et le souhait de l’éditeur avec Détourages, le nom de la collection, c’est de faire une collection pour le grand public aussi bien pour les néophytes en archéologie ou ici en BD, et de montrer que l’archéologie : il y en a partout autour de soi ! L’idée à l’origine c’est que le premier soit l’archéologie et la BD puis que suivent d’autres ouvrages de type « L’archéologie dans le jeu vidéo, l’archéologie et les séries TV, l’archéologie et la littérature de fiction, l’archéologie et le cinéma », ce genre de choses.

la truelle et le phylactère bénédicte coudière

Il faut savoir que la genèse de ce livre, c’est que j’ai fait des études en histoire de l’art et en archéologie. Je suis historienne de l’art si on prend mes diplômes, entre autres, et je suis journaliste BD. L’éditeur, quand on s’est rencontrés, s’est dit que s’était un bon plan et m’a demandé si ça m’intéressait. Donc c’est un livre de commande. Et l’avantage d’un livre de commande c’est qu’en tant que journaliste BD, je me suis dit que m’entendre parler sur 300 pages, l’intérêt était peut-être limité quand même, mais j’allais pouvoir interviewer plein de gens !

Donc dans cet ouvrage-là, ok il y a mes analyses, il y a des présentations et des analyses de fond sur la BD et l’archéologie, ça n’est absolument pas un catalogue de titres pour la simple raison que je veux que le livre soit presque intemporel, et que si on fait un catalogue de titres le livre est obsolète deux mois après sa sortie car grosso modo il y a environ 2500 BD qui sortent par an, du coup j’ai aussi contacté des dessinateurs, scénaristes et éditeurs de BD, spécialisés dans l’archéologie et l’histoire. J’ai réussi à avoir une interview de Francis Groux, l’un des trois cofondateurs du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême qui m’a donné son point de vue sur la question, j’ai aussi une interview de deux auteurs qui ont fait la série Arelate au sujet de la ville d’Arles et dont le scénariste est archéologue. J’ai donc pu avoir son point de vue de professionnel de l’archéologie sur la BD, et sur comment lui fait de la BD, etc.

Donc voilà y’a plein d’interviews, de façon à pouvoir faire quelque chose de très global. Parler aussi bien de la création de BD par rapport à un matériel archéologique, de l’influence que peut avoir la BD sur l’archéologie car au final il y a des uchronies, des choses comme ça. Quand j’ai fait mes études d’histoire, en cours d’antiquité romaine, notre prof nous passait des planches d’Alix, en nous disant que c’était une vision qui était actuellement certes datée mais qui donnait une très bonne image de ce qu’on pensait être l’architecture romaine au moment où Jacques Martin a dessiné Alix et ses suites de la fin des années 50 à la fin des années 80. Donc il y a vraiment des choses intéressantes et également la question de l’éventuelle place de la BD, qu’on appelle le 9ème Art, dans un musée. Et si oui dans quel genre de musée. Est-ce qu’on fait des musées spéciaux ? Pour les BD historiques, est-ce qu’on va mélanger ça avec les œuvres dans les musées d’histoire naturelle ? Comment est-ce qu’on fait avec ça ?

CR : Et comment as-tu construit ce projet ? Comment est-il structuré ? Comment as-tu décide d’en arriver à une telle structure ?

BC : Je ne voulais pas faire de catalogue. Ça c’était un souhait de ma part. Une partie de la structure s’est faite en fonction de qui m’avait répondu OK pour une interview. Parce que c’est con de faire une partie sur comment les éditeurs de BD appréhendent la BD historique si tu n’as aucun éditeur de BD historique qui accepte de répondre à tes questions. Donc une partie s’est vraiment structurée en fonction des réponses. J’ai une sous partie sur « à votre avis quelle est la place de la BD dans un musée » et là je suis allée interviewer des auteurs de BD, qu’ils fassent de la BD historique ou non, parce que ce sont les premiers concernés au final et je voulais voir si il y avait des différences entre un artiste qui fait de la BD historique et un qui n’en fait pas. Pour avoir quelque chose de très global et un point de vue des gens qui bossent dans ce milieu là sur ces questions-là.

CR : Donc le livre est d’abord construit autour de ces interviews ?

BC : Autour de ces interviews et de quelques grandes idées comme celle que la BD a potentiellement sa place dans un musée comme on va le voir, ça c’est vraiment toute une partie sur le rapport entre la BD et la recherche, et une autre partie sur comment la BD s’est emparée de l’histoire de plusieurs façons. L’histoire est devenue un outil pour la BD, dans le scénario. Ça peut être juste « on va faire ça dans le passé parce que ça a la cote donc on va caler des trucs dans le fond en arrière plan et doigt d’honneur à la cohérence historique », ça peut être des trucs qui vont faire des épopées fantastiques mais où tu vas avoir des détails pris au cordeau de « oui mais c’était comme ça au niveau de l’architecture et puis on ne peut pas faire n’importe quoi non plus au niveau du scénario », et il y en a d’autres qui vont dire « ok bon ben on va jouer avec et faire de l’uchronie à fond ». La première partie est vraiment basée sur ce rapport que la BD a avec l’histoire et le matériel archéologique.

Casquette journaliste

CR : D’accord ! Et du coup tu es journaliste BD. Est-ce que tu peux nous parler un peu de cette activité ?

BC : Je suis journaliste BD pour un magazine qui s’appelle L’avis des Bulles, c’est un magazine un peu spécial puisque professionnel, qui s’adresse principalement aux bibliothèques et médiathèques francophones, donc au monde du livre, et qui présente toutes les sorties qu’on reçoit en service presse. On est un magazine indépendant, ça veut dire que si c’est mauvais on le dit ! C’est un peu le Livres Hebdo pour la BD, ça veut dire qu’on va aussi servir de guide d’achat aux bibliothécaires en leur disant écoutez oui, il y a certes cette grosse sortie dont vous entendez parler parce que vous entendez parler des gros éditeurs mais il y a aussi des petits éditeurs, et parmi les petits éditeurs il y a des pépites, des choses magnifiques, des trucs grandioses et on a aussi envie de vous les faire découvrir.

CR : Et depuis combien de temps travailles-tu pour ce magazine ?

BC : J’ai commencé fin 2011, donc ça va faire 8 ans maintenant.

CR : Donc passion pour la BD depuis toujours ?

BC : Passion pour tout ce qui peut se lire !

CR : BD, essais, romans…

BC : Non pas essais, BD, romans. Oui, je préfère la fiction, je veux m’évader ! Pareil les BD historiques ne me posent aucun souci. Par contre, à partir de la Seconde Guerre mondiale ça ne m’intéresse plus. C’est le passé plus lointain qui m’intéresse et à la limite c’est aussi un moyen de m’évader. Et j’avoue que, j’en ai lu de très bonnes, mais je ne vais pas naturellement vers ce genre de BD. Je pense profondément qu’on n’a actuellement pas le recul nécessaire sur les événements récents… Et puis à partir du moment où tu allumes ta télé en entends tout le temps parler, des conflits israëlo-palestiniens, etc, à la radio aussi, ou même entre collègues quand tu discutes… Et je n’ai pas envie pendant mes heures de loisir d’entendre parler de ce genre de choses. On parlerait beaucoup dans les médias de l’invasion de César ce serait pareil, mais c’est vrai que c’est pas forcément le sujet d’actualité du moment !

CR : La lecture c’est donc aussi un peu pour se changer les idées et penser à d’autres problèmes, du passé, imaginaires et qui ne sont pas forcément les nôtres aujourd’hui et maintenant ?

BC : C’est totalement ça.

CR : Et est-ce que tu aurais des BD récentes à nous recommander ? 2019 ?

BC : Oui, enferme-moi si tu peux aux éditions Casterman par Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg, qui m’a complètement bouleversée. C’est un livre qui présente des artistes d’art brut, qui le fait avec une douceur et une bienveillance extrêmement rares et que j’ai adoré parce que ça pose la question de la normalité. C’est beau, il n’y a pas de jugement sur l’art brut alors qu’il y en a un paquet… Je ne sais pas si tu connais l’art brut ?

enferme-moi si tu peux pandolfo risbjerg

CR : Pas du tout !

BC : C’est un art longtemps considéré comme « l’art des dégénérés« . On a appelé ça « art brut » pour plusieurs raisons mais dans l’idée d’un art des « fous » des « marginaux » des « aliénés ». En réalité, c’est l’art des personnes qui n’ont aucune formation artistique mais qui arrivent à faire des choses grandioses. Ils n’ont pas de formation académique, ils ne sont pas issus du milieu, certains sont mineurs. Le Facteur Cheval, il était facteur au beau milieu de nulle part en France et a ramassé des pierres sur son chemin chaque fois qu’il faisait sa tournée à pied dans les villages. Tous les soirs et pendant ses week-ends il construisait sa maison avec ces pierres là, ça a donné quelque chose de magnifique, très « rocaille » et un peu étrange, et il a été considéré comme complètement taré. Mais non ! Il avait sa vision des choses, c’est tout… Et ce bouquin présente ces artistes de façon extrêmement bienveillante. C’est un plaisir à lire qui permet aussi de découvrir l’art brut.

CR : C’est très intéressant ! On ira y jeter un œil. Et je voulais encore te demander… Tu me disais que tu étais journaliste jeux vidéo ?

BC : C’est ponctuel. Ça dépend de ce qu’on me demande, de quand on me le demande. J’ai bossé pour un magazine de rétro-gaming pendant quelques mois où j’ai fait des articles mais aussi la maquette. Le magazine n’existe plus. J’ai fait partie d’un collectif qui a écrit des bouquins sur l’histoire du jeu vidéo, ça s’appelle Games History des livres sur l’histoire de genres du jeu vidéo. Donc l’histoire sur les jeux de voitures, sur les RPG, etc, et dans chaque livre il y a la présentation des différents jeux de façon chronologique et thématique pour montrer tout ce qui existe et en faire une analyse globale. J’ai fait des articles pour des blogs, des tests, des petites choses comme ça donc c’est vraiment à droite à gauche et en fonction de ce qu’on me demande.

CR : Un jeu qui t’a marquée récemment ? (période d’un an et demi environ)

BC : Assassin’s Creed Odyssey, on retombe sur la passion pour l’Histoire mais c’est aussi un jeu très vaste qui est sorti en octobre 2018 et je pense que c’est l’un des meilleurs de la série des Assassin’s Creed. Et puis se balader en Grèce Antique, rencontrer Socrate, Hippocrate, et une ou deux créatures mythologiques au détour d’un couloir ça reste un plaisir extrêmement dépaysant !

Casquette game master

CR : Je voulais également te demander de me parler un peu de ton métier de Game Master !

BC : Je torture des gens toute la journée! Non en fait le principe est simple. Les escape rooms sont des jeux d’évasion grandeur nature. T’es en équipe, ça peut être avec des collègues, des potes ou ta famille. On t’enferme dans une salle et tu te débrouilles ! Il y a des énigmes à l’intérieur, un scénario, tu résous les énigmes pour t’en sortir etc. Le game master est là pour t’accueillir, t’expliquer les règles, les règles de sécurité, il te lance à l’intérieur du jeu, ferme la porte et te regarde galérer. Clairement. Et des fois il te donne des indices pour t’aider.

CR : Et donc tu fais ça à Bordeaux ? Pour quel type d’escape game ?

BC : Pour un escape game qui s’appelle Team Break, c’est une franchise qui s’est installée à Bordeaux en février et ils ont trois scénarios : Walking Dead, Prison Break et Magic School.

Team Break Magic School

CR : Et comment devient-on game master ?

BC : Par hasard ! Après je ne te cache pas que si tu es rôliste, c’est un plus. Si tu sais raconter des histoires donc si tu as écrit un peu, c’est un plus. Mais en vrai c’est… par hasard. Si tu aimes jouer, si tu aimes t’amuser, parce que c’est fun comme boulot. Tu tombes parfois sur des groupes pas forcément cool mais globalement c’est très fun comme boulot. Il n’existe pas de formation pour être game master, c’est une question de dosage pour déterminer le moment où donner des indices. Sachant que le fait de ne pas sortir fait partie du jeu. Il n’y a aucune obligation à ce que les joueurs sortent.

CR : Donc ils peuvent rester enfermés à vie.

BC : Alors non parce que… pour des questions financières c’était pas rentable comme modèle économique. Au bout d’une heure, s’ils ne sont pas sortis on va les chercher, on leur montre la fin du jeu et après on les fait sortir, on leur propose un café etc.

CR : Alors il y a aussi un côté social dans ce travail ?

BC : C’est clairement de l’animation.

CR : Il faut appréhender le groupe ? Les personnes que tu as ?

BC : On est dans un milieu ludique. Les gens sont là pour s’amuser. On n’est jamais à l’abri d’un gros relou mais globalement les gens sont cool. Ils sont là pour s’éclater. Si toi tu t’éclates avec eux ils vont le sentir ! Donc ça va être encore mieux pour tout le monde.

CR : Et ça fait depuis combien de temps que tu fais ça ?

BC : Deux ans maintenant ! Avec quelques coupures.

CR : Merci encore pour cet entretien et bonne continuation pour l’ensemble de tes projets !

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