La Guerre des trois rois – Jean-Laurent Del Socorro & Marc Simonetti

La Guerre des Trois Rois

Royaume de France, XVIe siècle. Les guerres de Religion font rage entre le roi Henri III de France, le duc de Guise et Henri de Navarre le protestant. Le roi de France se réfugie dans Paris, protégé par la Compagnie du Chariot, une bande de lansquenets avec à leur tête Axelle, leur nouvelle capitaine. Le roi décide en dernier recours de faire appel au pouvoir alchimique de l’Artbon pour maintenir son pouvoir. Mais peut-on user impunément de la magie de la Pierre d’équilibre ?

Avec L’hypothèse du Lézard d’Alan Moore, illustrée par Cindy Canévet, La Guerre des trois rois de Jean-Laurent Del Socorro, illustré par Marc Simonetti, est l’un des ouvrages de lancement de la collection ActuSF Graphic, une collection de textes… illustrés (je déteste les répétitions de mots mais là, que faire ?). J’ai reçu ces deux livres dans le cadre d’un financement participatif aidant à la création de cette collection.

Petite précision nécessaire, je n’ai jusqu’à présent encore lu aucun autre livre de Jean-Laurent Del Socorro, auteur des renommés Royaume de vent et de colères, Boudicca et Je suis fille de rage. De ce que j’ai pu en entendre dire, il est plutôt spécialiste de fantasy historique, avec beaucoup d’histoire saupoudrée d’une pincée de fantasy ! Ce qui est en tout cas le cas pour La Guerre des trois rois.

L’objet livre est magnifique, avec sa couverture cartonnée et le petit signet qui permet de ne pas corner les pages même quand on a oublié son superbe marque page à l’effigie de la couverture. Et quand on ouvre l’ouvrage, c’est toujours aussi beau ! Avec ces feuilles légèrement grisées, les nombreuses illustrations comme crayonnées qui accompagnent l’histoire ainsi que les quelques pages en papier glacé couvertes d’illustrations en couleur qui finissent de l’agrémenter. C’est vraiment le genre de collection dont on a envie d’acquérir tous les ouvrages, juste parce qu’ils sont superbes.

Mais alors, l’histoire et mon ressenti ?

L’histoire nous plonge dans quelques moments clefs d’une guerre entre le roi catholique peu apprécié Henri III, le duc de Guise qui souhaite prendre sa place et qui a « les ligueurs » pour lui et Henri de Navarre, protestant (huguenot). On va suivre ces moments à travers le personnage de N’a-qu’un-oeil, prévôt de la Compagnie du Chariot, des mercenaires engagés par le roi Henri III.

Henri III, dans une position nettement défavorable en début de récit, va se décider à l’emploi de la magie afin de se débarrasser de son adversaire le plus redoutable, le duc de Guise, espérant écraser ensuite facilement Henri de Navarre.

La Compagnie du Chariot se retrouve directement impliquée dans le complot, et N’a-qu’un-oeil est aux premières loges pour assister au déroulement des événements. Quant à Tremble-voix, autre membre de la compagnie, il ne pourra pas s’empêcher de dessiner dans le journal de la Compagnie les différents lieux visités et les personnes rencontrées.

 

Si la lecture de cette novella n’a pas, en soi, été désagréable, je dois avouer que je n’ai pas accroché et n’ai pas été prise par cette histoire, pour plusieurs raisons.

  • J’ai eu la sensation à certains moments que l’auteur cherchait à trop expliquer certains éléments de manière peu subtile, ce qui m’a donné l’impression de dialogues peu naturels et de répliques qui sortaient un peu de nulle part.
  • Le temps qui s’écoule entre chaque partie de l’histoire, avec les courts résumés en italiques des événements s’étant déroulés entre temps sous forme d’extraits du journal de la Compagnie du Chariot m’ont empêchée de me sentir impliquée dans l’action et ont contribué à une forte distanciation émotionnelle.
  • Je me suis sentie confuse quant au mode de narration. Il y a lesdits résumés en italiques tirés du journal de la Compagnie et rédigés par N’a-qu’un-oeil, mais également le corps du texte écrit à la première personne avec pour point de vue le même personnage. On pourrait ainsi presque croire que le livre représente le journal, sauf que non.
    Cela est couplé au fait que les illustrations réalisées par le talentueux Marc Simonetti sont, dans le texte, effectuées par Tremble-voix sur le journal du Chariot. Sauf que le livre n’est pas le journal. Et j’ai mis un certain temps à le comprendre.
  • Je ne suis parvenue à ressentir quoi que ce soit pour aucun des personnages, pas assez approfondis à mon goût.

J’aimerais nuancer cet avis négatif par le fait que la novella se déroule directement dans l’univers de Royaume de vent et de colères, que je n’ai pas encore lu (mais qui est dans ma PàL), et où figure également la Compagnie du Chariot (comme je ne lis pas les 4ème de couverture et essaie de me renseigner le moins possible avant d’attaquer une lecture, je m’en suis aperçue dans les remerciements en toute fin d’ouvrage…). Et je ne doute absolument pas du fait qu’un lecteur ayant eu l’occasion de croiser plus longuement ces personnages aura un tout autre avis sur la novella.

À noter qu’elle introduit également le personnage principal d’un futur roman de Jean-Laurent Del Socorro, Du roi, je serai l’assassin. Si j’ai bien tout compris, La Guerre des trois rois serait donc plutôt à considérer comme une sorte de trait d’union entre Royaume de vent et de colères et ce roman à venir.

Je dirais donc : si vous n’avez pas lu Royaume de vent et de colères, ne suivez pas mon exemple et commencez par le roman, vous apprécierez sans aucun doute plus aisément La Guerre des trois rois.

La Guerre des trois rois, Jean-Laurent Del Socorro & Marc Simonetti, Éditions ActuSF, 131p., 19€, ISBN : 978-2-37686-253-6

 

Retrouvez d’autres avis (ils ont tous globalement + apprécié que moi) chez OmbreBones, Dionysos, Lune, Les carnets d’une livropathe, Célindanaé, vous ?

 

Cette chronique fait partie du challenge S4F3

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5 commentaires sur “La Guerre des trois rois – Jean-Laurent Del Socorro & Marc Simonetti

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  1. Merci pour le lien !
    Et… KEUWA TU N’AS ENCORE LU AUCUN DE SES ROMANS ?! *s’évanouit* Enfin je fais la maligne mais j’ai commencé il y a peu moi aussi (même si j’ai tout dévoré du coup ->)

    Je ne sais pas ce que j’aurais pensé de ce texte si je n’avais pas lu Royaume et si je n’étais pas attachée aux personnages en fait, ta chronique me fait me poser la question. Toutefois dans la continuité de l’univers il passe super bien, comme tu le soulignes, en tant que transition.

    Aimé par 1 personne

  2. J’espère que ça ne te fera pas trop repousser ta lecture de « Royaume de vent et de colères », c’est vraiment un livre à découvrir – et en plus comme ça tu pourras ensuite lire la nouvelle « La vert est éternel » qui est une merveille, elle aussi.

    Aimé par 1 personne

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