Thunder Tome 1 – David S. Khara

Thunder Tome 1

L’adolescence d’Ilya tournait autour de vacances au soleil, cours d’aïkido, d’écoles privées… et d’un père absent. Lorsque celui-ci meurt dans d’étranges conditions, le jeune Russe est entraîné dans un tourbillon trouble : qui est donc cette grand-mère avec qui il doit désormais vivre, et qu’il n’a jamais vu ? Alors qu’il essaie de s’intégrer et de trouver sa place dans cette nouvelle vie, lui et quatre autres élèves sont agressés par des étrangers masqués dans l’enceinte même du lycée. Conspiration ? Ennemi commun ? Assassins de son père ? Les réponses sont peut-être plus proches qu’il ne le pense…

David S. Khara est un auteur d’imaginaire et de thriller français dont la trilogie Projet, éditée chez Critic, a remporté un grand succès dès la parution de son premier volume, Le projet Bleiberg.

Le tome 1 de sa série jeunesse/young adult Thunder a été publié une première fois en 2014 chez Rageot mais n’avait pas connu de suite, avant d’être repris en 2020 dans la collection Naos des Éditions ActuSF, que je remercie vivement pour le service presse !

Comme le roman est court (221 pages) j’en profite pour le rajouter à ma liste des livres courts à lire pour le challenge S4F3 de chez Lutin (Albédo), même s’il n’était à l’origine pas prévu au programme (ah ces vils éditeurs qui vous proposent des livres à lire !).

Ça raconte quoi ?

Ilya est un jeune héritier riche. Très riche. Très très très riche. À l’âge de 15 ans il parle plusieurs langues, possède une très grande maîtrise de l’aïkido et des échecs et a toujours vécu dans un environnement lui garantissant la meilleure éducation possible. Pour autant, il n’est pas un de ces gosses de riches capricieux. Lui, c’est plutôt rigueur, maîtrise de soi et discipline.

Au début du roman, son père décède dans des circonstances peu claires, et il se retrouve parachuté au manoir de sa grand-mère près de Londres, qu’il n’a pas connue car elle et son fils s’étaient brouillés pour des raisons mystérieuses. Ladite grand-mère n’étant pas présente pour son arrivée, c’est le chauffeur, Harry, qui accueille Ilya et l’emmène dès le lendemain dans sa nouvelle école, supposée être l’une des meilleures du pays. Ilya, très bon chic bon genre, se rend rapidement compte qu’il détonne sacrément avec le style des autres élèves : ils ne sont pas forcément héritiers de grandes familles.

Ilya va faire la connaissance dans un premier temps d’Angela, jeune punk qui excelle en gymnastique et possède un certain don pour le camouflage (et le vol) mais qui avoue avoir un problème avec l’autorité. Quelques temps plus tard et par la force des circonstances, Ilya et Angela vont se lier avec trois autres adolescents, possédant eux aussi des capacités développées dans des domaines précis.

Comme on s’en doute rapidement, ces jeunes gens n’ont pas été réunis par hasard. D’autant que le récit nous entraîne également, en compagnie de Trevor Gilliam, jeune médecin à la conscience torturée, dans les coulisses d’une expérience douteuse menée sur des enfants par les services secrets britanniques à la fin des années 1940.

Mon avis !

On est bien ici dans du young adult, qui se lit facilement quand on accepte le côté un peu caricatural des différents personnages. Le public cible est très clairement adolescent, ce qui ne me dérange pas à titre personnel bien que je n’en fasse plus partie depuis longtemps, car j’aime parfois lire quelque chose d’un peu plus léger entre deux lectures complexes. J’ai passé un agréable moment de lecture, d’autant que ça se lit très très vite, mais cet ouvrage m’a fait l’impression d’être un prologue peu original plutôt qu’un véritable premier tome…

Ici, pas encore de vrai développement, ni d’aventure vécue en commun. Du potentiel, sans doute, mais sans approfondissement. J’ai immédiatement compris de quoi il en retournait pour les quelques « péripéties » qu’ont à affronter les membres du groupe, et donc, pour l’instant, je suis plutôt… Sans avis. Parce qu’il y a à mon goût trop peu de matière au niveau de l’histoire et de la tournure qu’elle peut prendre. Peut-être à noter aussi un peu trop de facilités scénaristiques, notamment quant à la rapidité avec laquelle les adolescents se lient.

Je souhaite mentionner d’ailleurs qu’à partir de la page 203, on n’est plus sur le tome 1 mais sur un extrait du tome 2. Après cet extrait, on peut lire un court interview de l’auteur par Jérôme Vincent, où l’on apprend que David S. Khara a très hâte de pouvoir enfin écrire et publier la suite. Il parle d’enjeux réels qui vont aller crescendo et du désir de partager une aventure virevoltante. À voir !

J’espère par conséquent que le second tome sera un peu plus riche en contenu, offrira un vrai développement, et me permettra donc d’avoir un vrai avis (si possible positif, autant se faire plaisir à la lecture).

Par contre, point négatif quand au personnage noir du livre, Pad : il est à plusieurs reprises mentionné en tant que « black », et j’ai également noté une référence à sa peau « noire comme l’ébène ». C’est super d’inclure des personnages racisés, d’autant que Pad, jeune geek à la stature frêle, ne me semble pas être dans les clichés racistes habituels (le personnage noir forcément hyper sportif et athlétique etc.) et que l’auteur dénonce à un moment le racisme dont le père du jeune homme est victime (mais je ne suis pas une sensitivity reader donc je peux passer à côté de certains éléments).

Cependant, j’ai pu comprendre les dernières années que l’utilisation du terme « black » ainsi que les comparaisons de la couleur de peau à des essences d’arbres exotiques liées à l’histoire de l’esclavage de type « peau d’ébène » n’étaient pas appréciées par les noirs francophones et étaient considérés comme problématiques pour plusieurs raisons que les principaux concernés vous expliqueront mieux que moi.

Voici donc quelques liens pour aller plus loin sur le sujet :

grandelectrice, Comment décrire un personnage noir ?, 2 juillet 2020 par grandelectrice

franceinfo, « Je n’aime pas qu’on me dise ‘black' » : pourquoi, en France, le mot « noir » reste tabou, 12 juin 2020 par Charlotte Causit

Urbania, UNE BONNE RÉSOLUTION POUR 2018 : ARRÊTER DE DIRE « BLACK » POUR PARLER D’UNE PERSONNE NOIRE, 24 janvier 2018 par Camille Teste

Rue89, « Je suis noire, pas ‘black' », 28 août 2017 par Jadine Labbé Pacheco

African Links, SUR L’UTILISATION DU TERME « BLACK » EN FRANCE…, 6 février 2014 par Virginie Ehonian

Slate, Pour une utilisation décomplexée du mot noir, 25 mars 2012 par Claire Levenson

Un thread twitter par Adrien Tomas qui pose la question « pour parler de la couleur de peau d’un personnage noir, quels sont les mots à employer/ne pas employer selon vous? » : https://twitter.com/AdrienTomas/status/1270613734575177733

En ce qui concerne le côté problématique de l’utilisation du terme « peau d’ébène » : https://twitter.com/AdrienTomas/status/1270620771916722176

Et d’autres fils twitter qui peuvent aider :

https://twitter.com/labooktillaise/status/1280915040057659397

https://twitter.com/labooktillaise/status/1280912919572733954

 

Mon but en mentionnant cela, tout comme je l’ai fait dans ma chronique de Je suis ta nuit par Loïc Le Borgne n’est bien entendu pas d’accabler l’auteur, mais de donner des pistes pour mieux faire à d’éventuels auteurs/éditeurs qui passeraient par là et d’encourager à mon tout petit niveau de bonnes initiatives !

 

Thunder Tome 1, David S. Khara, Éditions ActuSF, 221p., 16,90€, ISBN : 978-2-37686-245-1
Illustration de couverture par Zariel

 

Retrouvez d’autres avis chez OmbreBones, Aelinel, Sometimes a book, Les Dream-Dream d’une bouquineuse, Rat des villes, Sylnor, Acherontia Nyx, Païkanne, Phooka, Dup, vous ?

 

Cette chronique fait partie du challenge S4F3

S4F3

4 commentaires sur “Thunder Tome 1 – David S. Khara

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  1. Merci pour le lien 🙂 superbe chronique, j’apprécie beaucoup ta précision concernant Pad et les liens que tu donnes c’est hyper constructif comme démarche je trouve. Concernant ce titre je ne pense pas lire la suite, c’était sympa mais sans plus, juste divertissant quoi.. Comme tu dis j’ai eu le sentiment d’un long prologue avec trop de facilités pour que les éléments s’imbriquent 😅

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup 😊
      Oui, ça me semble important d’essayer de signaler ce genre de choses de la manière la plus constructive possible pour que les personnes de réelle bonne volonté en prennent conscience.
      D’autre part, mentionner des éléments « problématiques » que l’on peut repérer dans nos lectures peut aussi aider les personnes directement concernées à faire le tri, et se protéger, dans une période où les débats sur les réseaux sont violents et où elles recherchent des lectures un minimum « safe » !

      Aimé par 1 personne

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