La Survie de Molly Southbourne – Tade Thompson

La Survie de Molly Southbourne

Qui est Molly ? Une jeune femme frappée de la pire des malédictions, morte dans l’incendie de son domicile… Et pourtant là. Semblable mais différente. Qui est cette Molly ? Certains veulent la voir disparaître. D’autres brûlent de la capturer, de percer à jour les secrets de sa nature étrange.
L’objet d’enjeux qui la dépassent, voilà ce qu’est Molly. Condamnée à fuir, à tenter de survivre. Avant de peut-être, enfin, apprendre à vivre…

En décembre dernier je vous parlais d’une lecture choc ! Du genre wahou, la claque, au point où elle s’est retrouvée dans ma liste des incontournables de l’imaginaire des 20 dernières années. Il s’agit des Meurtres de Molly Southbourne de Tade Thompson, novella parue dans la collection Une Heure-Lumière du Bélial’.

C’est donc bien évidemment avec joie que j’ai pré-commandé durant le confinement la suite de cet incontournable, intitulée La Survie de Molly Southbourne, et je me suis ruée dessus dès réception ! À savoir que la série comportera trois, voire peut-être quatre novellas en tout. Sinon, oui, j’écris cet article un peu tardivement après ma lecture, tout simplement car j’étais en grosse panne de blog à ce moment-là. Oops.

Attention, vous qui lisez ces lignes, ne poursuivez pas cette chronique si vous n’avez pas lu le premier opus : cela reviendrait à vous en divulgâcher les plus gros éléments scénaristiques. Parce qu’il s’agit bien d’une suite directe qui reprend l’action exactement là où on l’avait laissée. Donc n’allez surtout pas lire ma prochaine phrase si tel est votre cas !

Qu’est-ce que ça raconte ?

À la fin du premier volume, Molly Southbourne, la Molly dont le sang créait des doubles tueurs, la Molly en hypervigilance constante afin de toujours être prête car le danger pouvait survenir n’importe où à n’importe quel moment, celle qui a perdu ses parents et qui a condamné amants et amour involontairement à mort, celle pour qui survivre était un combat permanent, n’est plus.

Elle a choisi d’abandonner la résistance après avoir à peu près tout perdu, lasse de lutter inlassablement contre ses doubles. Elle a choisi de mourir en consacrant ses dernières forces à la survie d’une version plus neuve d’elle-même. Une version qui peut-être pourrait enfin vivre selon ses propres règles, et pourquoi pas sans règles du tout.

Car si, pour Molly Southbourne, chaque détail de la vie tournait autour de sa spécificité, Molly, elle, est presque libre. Il n’y a que la Molly originelle qui pouvait créer des doubles et par conséquent, fini la possibilité de voir surgir une molly tueuse depuis le dessous du lit. Ça peut faire peur, la liberté, quand on a autant été défini par ce qui était perçu comme une forme de tare ou de malédiction, quand on s’identifie à une personne qui a passé sa vie à massacrer ses doubles et qu’on est envahi par des souvenirs qui ne nous appartiennent pas, ou plus vraiment.

Donc, nous voilà au début du second volume avec une Molly qui essaie de savoir qui elle est sans ce qui régissait la vie de sa prédécesseuse. De se construire, parfois en opposition à celle qu’elle était. Notre protagoniste va dans un premier temps cacher la mort de l’originelle et tâcher de s’identifier à elle au mieux, afin de passer sous le radar des mystérieuses personnes qui s’occupaient de nettoyer les dégâts. Puis fuir. Elle va également être très perturbée, hantée par les nombreux meurtres commis par celle qu’elle n’est pas. Mais elle va changer. Évoluer. Et, pourquoi pas, s’émanciper de son modèle, de sa « mère » afin de, peut-être, se trouver elle-même ?

Au programme pour notre nouvelle Molly : une bonne part d’errances (plus ou moins sympathiques), de lutte contre ses traumas (y’a du PTSD éclairé aux néons dans ce livre qui, pour moi, est limite une métaphore du trouble de stress post-traumatique !), de souffrances, d’expérimentations et de découvertes, mais aussi l’espoir de se réconcilier avec certaines parties d’elle-même et de s’accepter. Car si son sang est « stérile », la jeune femme a des hallucinations dans lesquelles elle voit d’autres mollys et elle va rencontrer des personnes aptes à bouleverser tout ce qu’elle prenait pour acquis…

En parallèle, on aura aussi l’occasion de savoir ce qu’est devenu James Down, l’amoureux du premier tome, bien décidé à tenter le tout pour le tout pour survivre à la molly qui lui pousse littéralement dans le ventre.

La Survie de Molly Southbourne est donc, sur le plan psychologique, rempli de deuil, de remise en cause et d’acceptation (et de PTSD…). Mais il permet aussi d’approfondir et de complexifier l’univers, le « pourquoi du comment » sans pour autant nous en donner encore toutes les clefs. En d’autres termes, Tade Thompson n’oublie pas de nous raconter une vraie histoire en cours de route.

Plus que le premier, ce second tome appelle à une suite, et constitue en ce sens très clairement une transition.

Ce que j’en ai pensé ?

J’ai dévoré cette novella, motivée par mon envie de savoir où est-ce que cette histoire allait bien pouvoir nous mener.

La Survie ne m’a toutefois pas provoqué l’effet « wahou » des Meurtres, que j’ai abordé sans même savoir à quel genre l’ouvrage appartenait (et j’ai bien fait, ça m’a permis d’être réellement surprise durant ma lecture et de ne pas deviner certains rebondissements).

C’est un volume qui est moins fort que son prédécesseur, qui ne m’a pas autant prise aux tripes émotionnellement mais qui néanmoins reste absolument excellent. L’analyse du personnage de Molly, des différents stades de construction (et déconstruction, et reconstruction) par lesquels elle passe durant sa fuite en avant, la métaphore du PTSD, l’approfondissement de l’univers et la mise en place de nouveaux paradigmes en font une lecture passionnante.

Donc, j’ai envie de dire, vivement la suite ?

La Survie de Molly Southbourne, Tade Thompson, Éditions Le Bélial’, 128p., 9,90€, ISBN : 978-2-84344-964-2
Illustration de couverture par Aurélien Police
Traduction par Jean-Daniel Brèque

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Cette lecture fait partie du challenge Projet Maki initié par Yogo !

Projet Maki

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