Être développeur en 3 mois ? No way !

Lunettes de soleil sur l'ordinateur d'une développeuse web en télétravail full remote

Apprendre à coder, c’est un peu des vacances… ou pas.

Il y a une semaine, je vous expliquais le pourquoi du comment en Moselle on a des croissants au chocolat de ma reconversion actuelle dans l’article L’informatique ce n’est pas pour les femmes. Je vous y ai promis monts et merveilles, notamment le pourquoi du comment de mon choix de formation actuel, à savoir :

Voici venu le temps des rires et des chants, avec ma réponse personnelle apportée à la question que tout le monde se pose :

« Être développeur en 3 mois, c’est possible ? »

Attention, ça va être long, donc prenez-vous un thé pour la route.

Les formations courtes dites « bootcamp »

Quand j’ai commencé à me renseigner sur les formations de développeur, j’ai été surprise de découvrir une offre pléthorique de parcours courts (de 3 à 6 mois), en distanciel (on n’avait pas dit que full remote c’était plus stylé ?) ou en présentiel, y compris dans ma ville de Strasbourg. Ces formations sont en général certifiées RNCP, c’est à dire qu’elles offrent une sorte de « diplôme » inscrit au Répertoire National des Certifications Professionnelles. Vous n’y voyez toujours pas plus clair ? En gros, c’est le « diplôme » validé par l’État pour les formations professionnelles, qui ne dépendent pas de l’éducation nationale.

  • Chouette, super, moi qui préfère les programmes d’apprentissage intensifs, ça m’ira bien !
  • Mais pourquoi dans l’éducation nationale c’est 2 à 3 ans minimum ?
  • Je suis sûre qu’ils ont plein d’heures de français, d’anglais, et puis ils doivent apprendre à connaître le monde du travail ! Moi, j’ai déjà bossé, pas besoin de tout ça !

J’ai donc cherché à connaître le coût de ces formations courtes, dites « bootcamp » dans le jargon stylé comme je l’apprendrai bien plus tard…. (le terme fait référence à un type d’entraînement commando de l’armée américaine, rien que ça).

Et, souvent, ce n’est pas indiqué, ou compliqué à trouver, ou alors on a accès à une fourchette « de 1500€ à 6000€ ». Il faut s’inscrire à des réunions d’information durant lesquelles quelqu’un de super sympa, abordable et qui prend le temps de répondre à toutes vos questions va vous parler CPF et financement par Pôle Emploi ou par la région ; va vous dire qu’il n’y a pas de souci, avec un peu de travail c’est totalement à votre portée ; et que oui oui, vous trouverez du boulot à l’issue de la formation ! « 95% de nos étudiants ont un retour à l’emploi sous 6 mois ! » Sans préciser comment ces chiffres ont été établis (est-ce qu’ils contiennent les stagiaires non rémunérés ? les personnes s’étant lancées dans une nouvelle formation ? celles étant retournées à leur métier précédent ?).

« Débutants, vous êtes les bienvenus. Les cours ne nécessitent aucun prérequis, si ce n’est une bonne logique, un soupçon de débrouillardise informatique et beaucoup de motivation. »

Nombreux sont ceux qui oublieront qu’on ne leur fait pas une fleur, que c’est le métier de la personne qu’ils ont en face d’eux et qu’elle cherche à leur vendre un produit : une formation thuper chère.

Nombreux sont ceux qui oublieront que c’est eux qui donnent une heure de leur temps, alors qu’à l’origine ils souhaitaient simplement avoir des informations basiques qu’une page web aurait pu contenir (tarif, déroulement de la formation, etc…).

Nombreux sont les étudiants en herbe qui n’iront pas se renseigner ailleurs, pour ces raisons et aussi parce que quand on a un parcours atypique ou qu’on est chômeur longue durée, enfin bref, qu’on est dans une situation délicate avec une estime de soi au rabais, ça fait du bien au moral d’avoir un interlocuteur qui vous offre des solutions toutes faites et qui vous considère.

« Nul besoin de base quelconque en informatique ou en développement : la formation (…) se charge de tout, de A jusqu’à Z. Vous devez simplement vouloir devenir développeur (Web/informatique/Front/Back) pour en faire votre nouveau métier et vivre et penser développement pendant les 3 mois de la formation. »

Ces réunions, qui fournissent une information essentielle pouvant être facilement communiquée via une page web, font partie d’une stratégie de fidélisation. Le mot clef ici est : engagement. S’inscrire, parler à quelqu’un qui prend de son temps pour vous et qui en plus est sympa, c’est déjà avoir un pied dedans. C’est s’engager un peu, et aller ici plutôt qu’ailleurs pour des critères n’ayant rien à voir avec la qualité de la formation.

Un tremplin ?

Je me suis posé de sérieuses questions -côté qualité- quand j’ai vu qu’OpenClassrooms proposait le même type de contenu en 12 mois, ou 24 mois par alternance (apprentissage de langages front-end et d’un langage back-end). La perspective d’entamer une formation plus longue et qui permette une belle expérience en entreprise m’a immédiatement semblé plus sûre. C’est donc cette voie là que j’ai décidé de creuser. Mais ne soyez pas trop impatients, je reviens sur le choix exact de la formation plus bas, parce que ce n’est pas si simple !

En attendant, flashforward. Le sujet des bootcamps ne me laissant pas tranquille malgré ma décision (on peut toujours changer d’avis), j’ai interrogé mon réseau professionnel à ce sujet, et les réponses apportées… Comment dire… C’était pas joli joli. Je suis parvenue à quelques conclusions :

  • Il faut déjà s’y connaître un minimum : le programme est hard, ça va vite et ça passe rapidement d’une notion à une autre
  • Il faut bûcher à fond : certains témoignent avoir bossé leurs cours jusqu’à minuit-1h tous les jours ainsi que le week-end
  • Ce sera rarement suffisant pour être employable : le niveau en sortie de formation n’est pas celui d’un développeur junior

Nombre de personnes dont j’ai pu lire/entendre les témoignages sont unanimes : ces formations sont un tremplin vers de l’alternance, vers d’autres formations ou un apprentissage en solo complémentaire de plusieurs mois. Je trouve ça cher payé le tremplin, et pas qu’en argent ; surtout quand c’est vendu à des personnes en situation difficile -fin de droits au chômage ou parent isolé par exemple- qui comptent là-dessus pour trouver un emploi leur offrant de meilleures conditions de travail que le précédent.

Ceux qui ne bénéficient pas d’un financement Pôle Emploi/Région ou d’un CPF (Compte Personnel de Formation) contractent un crédit ou utilisent leurs économies. Ceux qui en bénéficient vident leur CPF et ne pourront peut-être pas obtenir de second financement. Moralement, je trouve ça discutable qu’une formation de plusieurs milliers d’euros, proposée à des débutants ne sachant parfois pas faire un copier/coller, soit trop difficile à suivre pour un vrai débutant, même s’il bosse soirs et week-ends, et ne lui permette pas d’être employable une fois le diplôme en poche. Il y a des gens qui, malgré leur intelligence, leur motivation et leur implication, ont passé leur formation entière à ramer et, une fois sortis, doivent tout revoir depuis le début.

Heureusement, certaines écoles prennent la mesure du problème et proposent désormais des parcours en alternance. C’est mieux ! La formation est financée par l’entreprise et l’étudiant bénéficie d’une première vraie expérience salariée à inscrire sur son CV. Seulement… Pour trouver un employeur qui accepte de vous former, il faut avoir de bonnes bases :

  • Quand je me suis renseignée sur la formation « Intégrateur Développeur Web » en alternance de 16 mois proposée par la 3WAcademy, on m’a clairement fait comprendre qu’il valait mieux que je fasse d’abord leur bootcamp de 4 mois, puis que je cherche une entreprise pour la spécialisation en alternance. Ce procédé permet de vendre deux formations, une première financée par Pôle Emploi/CPF/etc…. et une seconde par l’entreprise.
  • J’ai tout récemment vu sur le LinkedIn d’OpenClassroms qu’un partenariat avait été conclu avec Le Wagon : bootcamp intensif de 9 semaines chez LW puis alternance chez OC, ça fait réfléchir.

Bien entendu, toutes les écoles vendant des bootcamps ne sont pas à mettre dans le même panier. Certaines communiquent honnêtement sur leurs tarifs (6500€ la formation de 6 mois à distance « Développeur Web » chez O’Clock, 8000€ la formation de 5 mois en présentiel « Développeur Web » à la Wild Code School). D’autres ne sont accessibles qu’après avoir passé des tests techniques qui requièrent de bonnes bases et offrent pour s’y préparer des cours gratuits (la Wild Code School).

Une autre information importante à prendre en compte, c’est que la plupart des écoles vous forment, en gros, sur le même type de technologies. À savoir les langages front-end HTML, CSS et JavaScript (en schématisant, front-end == paramétrer l’apparence d’un site web) et un langage back-end, par exemple PHP ou Java, avec des technologies associées (back-end == paramétrer le fonctionnement d’un site web ou d’un logiciel).

Or, tout ça fait venir sur le marché de l’emploi des wagons entiers de juniors qui maîtrisent peu ou prou la même chose, sans que ce soit forcément ce qui leur convienne vraiment, ou ce qui leur permettrait d’accéder plus facilement aux entreprises de leurs rêves.

Être développeur demande du travail. Beaucoup de travail. Et ça ne s’improvise pas en 3 mois.

S’informer avant de se former

Vous l’avez compris (parce que vous êtes super intelligents, et hop je flatte mon audience l’air de rien), il est difficile de faire le « bon » choix pour soi. Il me semble en tout cas prioritaire de s’informer avant de s’engager dans quoi que ce soit, et pas uniquement auprès d’une seule et unique personne.

Comparez les retours d’expériences de pros issus de différents cursus et qui n’occupent pas le même type de poste. Cherchez les technologies les plus plébiscitées dans votre région si vous préférez le présentiel. Gardez une oreille attentive aux opportunités et n’hésitez pas à revenir sur votre décision : le marché de la formation n’est pas statique. Rejoignez des communautés comme What the Fabrik, dont j’ai déjà parlé dans mon précédent article.

Mais avant tout, faites le point sur vous-mêmes. Sur ce que vous voulez, vos points forts, vos points faibles, votre but final. C’est votre parcours, et il faut que ça vous corresponde. Il existe tout autant de bonnes raisons de faire un bootcamp, une formation en télé-présentiel ou en présentiel, que d’en faire à distance ou en alternance.

Pour ma part, j’ai fait un choix que j’espère être éclairé, en tenant compte de plusieurs critères :

  • Ma capacité à travailler de chez moi avec relativement peu de soutien de l’extérieur
  • Mon envie de me former sur une technologie relativement facile d’accès aux débutants (il ne s’agirait pas de perdre ma motivation à mi-chemin parce que je ne pigerais rien)
  • Mon but de trouver un poste en full-remote (ça ne me limite pas aux entreprises près de chez moi)
  • Mon souhait de travailler sur des projets variés, dans le domaine pro ou perso

Mais revenons-en au pourquoi du comment de mon choix. Avec tous ces conseils, réflexions et digressions, je m’égare.

On en était où ? Aaah ! Oui. J’ai donc trouvé ça super louche que des formations proposent en 3 mois ce que d’autres proposent en 6 mois ou 1 an. J’ai choisi d’écarter au moins temporairement les bootcamps de l’équation et suis tombée d’accord avec moi-même sur deux points : ce sera à distance et en alternance. L’alternance permet d’avoir un revenu stable : à mon âge (33 ans), minimum 100% du SMIC mensuel, somme avec laquelle je devrais m’en sortir puisque je n’ai jamais gagné beaucoup plus. Ce sera toujours mieux que mon ARE et puis, on cotise en contrat pro : j’aimerais bien éviter de me retrouver sans ressources une fois la formation terminée s’il n’y a pas d’embauche directe.

N’ayant à ce moment-là fichtre aucune idée des différences entre les langages, pas le moindre indice sur ce qu’est un framework, et connaissant tout juste les définitions de back et front, j’ai néanmoins flashé sur la formation « Développeur d’application – Python » avec le framework Django d’OpenClassrooms. Ça dure 12 mois environ en formation initiale (il est possible de se faire financer, sachez que ça coûte 300€ par mois, soit 3600€ l’année), versus 24 mois en alternance.

C’est à ce moment précis que j’ai intégré What the Fabrik et pu me renseigner sur les avantages et inconvénients de cette formation. Bingo, ça m’a encore plus parlé (coucou cher biais de confirmation) et j’ai appris au passage qu’OpenClassrooms avait bonne réputation.

Pourquoi Python ?

  • Le nom est une référence aux Monty Python (hey, ça c’est de l’argument, Ni !)
  • Ce langage bénéficie d’une forte communauté, avec une riche bibliothèque
  • Il est relativement facile à apprendre et serait l’un des plus enseignés dans les universités américaines
  • Il permet de faire un peu de tout, du site internet au jeu vidéo en passant par les data sciences et l’IoT
  • Il ne fait que gagner en popularité chaque année !
  • Les formations Python & Django ne courent pas les rues en France, il y a donc moins de concurrence entre juniors
  • Il y a moins d’offres d’emploi que pour d’autres langages, et pas sur Strasbourg, mais il y en a quand même
  • Python est le langage principal pour tout ce qui est IA et Machine Learning (je suis fan de SF ou pas ?)

Des avantages de l’auto-formation

Cette formation, malgré sa durée plutôt longue, est selon divers témoignages assez intense avec beaucoup de contenu à assimiler. Pas facile quand on est en alternance et qu’on bosse dur pour sa boîte ! Par chance, OpenClassrooms propose l’ensemble de ses cours en libre service, gratuitement… C’est-y pas merveilleux ?

Ces cours permettent, pour peu qu’on soit autonome et qu’on ait un peu de temps devant soi, de prendre les devants histoire de ne pas se trouver fort dépourvu, quand la bise sera venue. De plus, il existe tout un tas d’autres formations gratuites en ligne, en français et en anglais. Il est bien entendu au programme de ce blog de vous parler des qualités et défauts de celles que je teste au fil de mon avancée. Mais sachez qu’à priori, malgré ma maîtrise plutôt bonne de l’anglais (B2), je priorise le contenu disponible en français : trop de concepts techniques nouveaux à assimiler pour une débutante.

En tout cas, multiplier les parcours dédiés aux noobs offre l’opportunité de mieux assimiler les bases en s’initiant via plusieurs approches. Chaque formateur a ses préférences, ses trucs et astuces, donc autant piocher un peu partout pour faire sa propre tambouille. Et puis, spoiler warning, certains cours ne proposent pas assez d’exercices à mon goût.

Vous l’aurez compris, s’auto-former avant de postuler à une formation -quelle que soit la formation- comporte de nombreux avantages, et pas des moindres :

  • Prendre de l’avance pour ne pas se retrouver noyé
  • Pratiquer afin d’être sûr de son choix (faut que ça plaise !)
  • Avoir les capacités nécessaires à la création de projets persos
  • Savoir quoi raconter lors d’un entretien pour une alternance/un stage
  • Être capable d’autre chose que servir le thé lors des périodes en entreprise

Un parcours diplômant (et payant) comme chez OC a tout de même plusieurs intérêts que ne remplacent pas les formations gratuites : d’une part le diplôme, bien entendu. D’autre part, la communauté, le réseau de l’école et le soutien d’un mentor. Enfin, les projets à réaliser corrigés par des pros et destinés à faire pratiquer l’ensemble des technologies enseignées, ce que ne permettra pas forcément un projet perso.

Cet article fut long, très long, tellement long, mais le sujet est complexe. La prochaine fois, promis, ce sera plus court ! Je prévois d’écrire un article sur l’intérêt du full-remote (EDIT : c’est fait, Travailler de chez soi, c’est pour les misanthropes) ainsi que les premiers cours déjà terminés. À très bientôt et d’ici là, ne chômez pas.

Cet article est le second d’une série consacrée à ma reconversion dans le domaine du développement informatique. Pour les autres, ça se passe ici :

  1. L’informatique ce n’est pas pour les femmes
  2. Être développeur en 3 mois ? No way !
  3. Travailler de chez soi, c’est pour les misanthropes

7 commentaires sur “Être développeur en 3 mois ? No way !

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  1. Je n’aurais pas cru trouver ce billet aussi passionnant à lire 😀 Tu as l’air d’avoir fouillé le sujet à fond et d’avoir évité quelques écueils. J’espère que d’autres tomberont sur ton article et que cela leur évitera des déconvenues. Je trouve que tu as un atout de taille avec toi : ta capacité à travailler seule de chez toi. Franchement ce n’est pas à la portée de tout le monde. Tous mes encouragements !

    Aimé par 1 personne

  2. Bel article bravo ! J’ai fait une formation courte en community management, et même si c’est clairement moins technique, il apparaissait assez claire pendant la formation qu’on nous donnait seulement des bases à aller creuser tout seul par la suite, et c’était bien crevant. Et en informatique, on a eu 10 jours de cours technique dans ma formation actuelle où on a vu les bases de plusieurs langages, je ne sais pas comment font les jours pour tout assimiler, impossible pour moi.

    Aimé par 1 personne

    1. Ça a l’air impossible pour pas mal de gens… J’ai encore eu un témoignage en commentaire sur cet article republié sur WTF d’une personne qui reprend tout à 0 après sa formation de dev 🥲

      J'aime

  3. C’est rigolo, je suis devenu développeur avec un an de formation et quelques stages et j’ai parfois un syndrome de l’imposteur avec mes collègues qui ont fait 5 ans d’études d’informatique.

    J’ai fait une école d’ingénieur mais pas du tout informatique, on faisait de la Méca, électronique, productique, thermodynamique, etc… Et arrivé au diplôme j’avais pas du tout envie de bosser là dedans, j’ai donc commencé mon tout dernier stage de 6 mois dans le labo de l’école qui faisait de la programmation 3d (avec le recul, ils faisaient ça avec des outils préhistoriques…).
    Et j’ai fait un mastère en plus dans la réalité virtuelle, 6 mois de cours et 6 mois de stage (fait dans une boîte de JV).

    Avec mes 6 mois en tout et pour tout de cours d’informatique, je crois que j’ai eu du bol pour mon premier job de tomber sur un chef qui recrutait des profils « atypiques » pour son équipe et j’ai pu apprendre beaucoup sur mon premier job.

    Et voilà ça fait 14 ans que je suis programmeur 🙂

    Aimé par 1 personne

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